François-Michel Lambert
Au congrès OTRE, François-Michel Lambert demande moins de camions sur nos routes, plus de camions français

LES ACTEURS DU TRANSPORT VEULENT FAIRE ROUTE ENSEMBLE - Article de Var Matin du 9 septembre 2019

Réfléchir ensemble à des solutions d’avenir pour les métiers du transports routiers.

Samedi, l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (Otre) Paca avait réuni les acteurs de ce secteur économique pour débattre des problèmatiques de ces professions mais aussi chercher ensemble des solutions durables. Pour animer cette grande discussion, le journaliste Olivier Delagarde a partagé la vidéo de François-Xavier Bertrand, qui s’adressait à l’assistance : « Le transport routier n’appartient pas au passé. Des stratégies existent pour faire face à l’actuelle pénurie d’emplois mais une vraie réforme est nécessaire ».
Olivier Delagarde a ensuite distribué les temps de parole entre les sept interlocuteurs : Renaud Durand (Adecco), Philippe Mallaroni (économiste), Christel Louis (directrice du lycée La Cordeille), François-Michel Lambert (député des Bouches-du-Rhône), Caroline Gouy (AFT), Jean-Marc Charbonnier (vice-président Otre Paca) et Olivier Riandée (président Otre Paca).
PÉNURIE DE CONDUCTEURS
 
Il y a 20 ans, le secteur manquait de clients ; aujourd’hui, il manque de conducteurs et de personnel dans les métiers annexes au transport.
L’accent est aussi mis sur l’obligation de recruter parmi les jeunes.
Renaud Durand explique qu’il faut créer la compétence : « Le CDI intérimaire est un contrat qui répond au problème de pénurie et propose une trajectoire professionnelle avec une formation pendant trois ans ».
 
SECTEUR MÉCONNU...
Christel Louis souligne que ce secteur n’est pas envisagé par les jeunes car il est méconnu et possède une mauvaise image. Ils pensent ainsi qu’être chauffeur se réduit à des heures de conduite à rester assis, seul, loin de sa famille. Le problème de la pollution est surtout mis en avant par les adultes. Caroline Gouy évoque alors quelques outils développés par l’AFT, tel le jeu du Clémentin : c’est un jeu de cartes à destination des collégiens, qui découvrent ainsi les différents métiers possibles liés au transport et les formations nécessaires pour y accéder.
Des mini-films en ligne permettent aussi de suivre un professionnel pendant 24 heures ou encore le site www.choisis-ton-avenir.com propose de découvrir différents environnements par des fiches techniques. Des jeux de réalité virtuelle avec de jeunes adultes les plongent également au cœur du métier. Olivier Delagarde est perplexe. Des stratégies attractives sont mises en place dans l’éducation nationale et à l’AFT (Association pour le développement de la Formation professionnelle dans le Transport) et pourtant le secteur continue de souffrir.
 
... MAIS MODERNISÉ
Des visites dans les entreprises et dans les camions sont envisagées pour montrer que les choses ont changé et que le secteur s’est modernisé.
François-Michel Lambert souligne qu’il faut s’appuyer également sur un document travaillé il y a trois ans par tous les acteurs et que la notion de l’impact sur l’environnement est primordiale : « Il n’existe pas d’alternative ferroviaire ou fluviale, contrairement à ce que certains disent. Il faut, entre autres, réfléchir à comment optimiser les chargements mais, surtout, il est nécessaire que les camions soient moins nombreux sur les routes et plus français ».
Un avis partagé par Olivier Riandée, qui ajoute que « 75 % des véhicules étrangers circulant sur nos routes ne font jamais le plein dans les stations en France. Ils utilisent nos infrastructures sans y apporter une quelconque contribution ».
 
EXIGENCES ENVIRONNEMENTALES
Concernant l’écologie, il sait que les professionnels du transport repensent depuis plusieurs années leur manière de travailler en respectant les exigences environnementales : « La branche transport est sans aucun doute celle qui travaille depuis longtemps à la transition énergétique. La conservation des véhicules est en moyenne de quatre ans et bon nombre d’entreprises s’engagent dans des dispositifs du type programme EVE. Nous sommes des chefs d’entreprise responsables mais aussi des femmes et des hommes qui pensons à l’avenir de nos enfants. Nous sommes prêts à investir dans du matériel plus écologiquement responsable car l’urgence climatique nous le crie quotidiennement ».
À l’heure où nous consommons moins et plus local, 85 % du transport est terrestre. Les acteurs sont tous conscients que leur union est la clé pour voir les infrastructures modifiées, des aides financières apportées, des décalages administratifs supprimés pour que leur métier soit revalorisé et réponde encore davantage au marché économique et aux enjeux planétaires.




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