François-Michel Lambert
François-Michel Lambert s'attaque au lobbies du tabac et à ses milliards d'euros
Après la plastique, la glyphosate...  le tabac. Dans une réunion qui n'a pas fini de faire parler sur' le thème "grand débat national du tabac", François-Michel Lambert s'en prend au lobbies des cigarettiers qui s'enrichit sur le dos des contribuables, des buralistes et de l'Etat. A l'arrivée, des propositions chocs, concrètes, réaliste pour que ça bouge enfin.
 

François-Michel Lambert s'attaque au lobbies du tabac et à ses milliards d'euros

Trois questions à François-Michel Lambert député (libertés et territoires) de Gardanne :

Quel est le sens de cette offensive de longue haleine ?
François-Michel Lambert : On le voit avec la crise des gilets jaunes et les réponses du gouvernement : il y a besoin de l'argent. Plutôt que de faire payer les contribuables, cherchons de l'argent en innovant. Et en nous attaquant aux flux financiers que nous maîtrisons mal. C'est le cas du secteur du tabac qui ne produit presque pas de richesses ni d'emplois en France, mais qui coûte des dizaines de milliards d'euros à l'État sans que les cigarettiers soient impactés. Mais il n'y a pas que lui. La légalisation du cannabis permettrait de créer une filière d'État qui rapporterait énormément. Je pense aussi aux jeux d'argent en ligne qui profitent surtout à des sociétés étrangères, alors que le développement des casinos en France en dehors des seules villes thermales pourrait apporter énormément. Il faut sortir des vieux modèles, souvent aberrants et être pragmatique.

La lutte contre le tabagisme coûte cher, mais a des résultats. Comment aller plus loin, alors que les lobbies sont puissants ?
François-Michel Lambert : En faisant bouger les lignes, justement ! Comment accepter que le coût du tabac soit supporté par tous les assurés sociaux, alors que seul un quart fume ? Va-t-on s'attaquer à la traçabilité des paquets de cigarettes, alors que 97 % de la contrebande sort des usines officielles ? Le 21 mars, l'Europe a mis en oeuvre la prise en charge des indemnités chômage pour les travailleurs transfrontaliers par les pays qui les emploient. Aujourd'hui, c'est l'Unedic qui paie. En 2021, ce sera fini. On peut s'appuyer sur cette base pour faire payer la fiscalité française aux pays où l'on achète les cigarettes moins chères. Sur les 850 tonnes de cigarettes livrées chaque année en Andorre, 730 sont fumées en France.

Comment arriver à faire appliquer le principe du pollueur-payeur ?
François-Michel Lambert : Il faut savoir qu'un paquet de cigarettes pèse dans la nature le même poids qu'un pot de yaourt. Or, les fabricants de yaourt paient une éco-contribution, ce qui n'est pas le cas des fabricants de cigarettes, par ailleurs très bons dans l'optimisation fiscale. Un mégot contient 4 000 substances chimiques, pollue 500 m³ d'eau et met 12 ans à disparaître. Et ce sont les collectivités locales qui portent le poids financier de ce désastre. Faisons payer les cigarettiers en mettant en place une éco-contribution sur les paquets.




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